Yves-Daniel Crouzet, un écrivain stéphanois


Tourne-t-on jamais la page ?

On est toujours le fils de quelqu’un et l’enfant d’un pays. On a beau essayer de se débarrasser de l’un et de l’autre, le passé vous reste collé à la peau et à la mémoire.

Stéphanois un jour, Stéphanois toujours.

Je m’en rends vraiment compte quand je feuillette mon roman « Les fantômes du Panassa », paru en 2009 aux éditions « Les Nouveaux Auteurs ».

Tout y est le rapport au père. Le rapport au pays. Amour et haine. Fascination et répulsion. J’ai eu beau m’expatrier dans des contrées éloignées et exotiques, Amazonie, Afrique, Caraïbes… j’y suis toujours revenu.

Et pas seulement parce que ma famille y vit toujours. C’est une question de racines. L’appel du Pays noir.

Le Clapier, le Babet, Boivin, Jacquard, Montmartre où j’ai fait mes premiers pas. Montchovet, la Marandinière, Montplaisir, la Palle où j’ai grandi. Beaulieu, le Portail Rouge, la Métare où j’ai effectué mes études. J’y reviens. Je m’étonne de revoir les rues, les commerçants. Ah, chez Didier ! Ah, la bouquinerie Tropique de la rue Pierre Bérard !

Le puits Couriot et les crassiers dorénavant parés de vert, côtoient la Cité du Design et le musée d’art moderne. Et les Verts sont toujours là !

Je m’attriste de la disparition d’un magasin ou de la transformation d’un ancien bistrot en magasin d’habillements. Je me réjouis des changements apportés à la Place Dorian ou à celle de l’hôtel de Ville. De la vie retrouvée autour de la Place Jean Jaurès. De la multiplication des activités culturelles.

Y retournerai-je vivre un jour ? J’y pense parfois. J’y ai un pied à terre. Un pied à terre… C’est encore une racine qui s’enfonce dans le sol charbonneux de la ville.

Ecrirais-je un autre roman stéphanois ? Je l’ignore. Certaines de mes nouvelles s’y déroulent. Ca ne saute peut-être pas immédiatement aux yeux du lecteur, mais moi je sais.

Yves-Daniel Crouzet, un écrivain stéphanois ? Oui sans aucun doute, car c’est Saint-Etienne qui m’a construit, qui a fait de moi ce que je suis. On ne part jamais vraiment. On revient toujours sur les lieux de ses crimes.

En écrivant « Les Fantômes du Panassa », je croyais régler mes comptes avec le passé. Je ne faisais qu’écrire une histoire d’amour à la ville de mon enfance !

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