mercredi 29 avril 2009

Le prix du Jury du roman de l'été Femme Actuelle 2009 est décerné à... Yves-Daniel CROUZET !

Le temps des secrets est enfin passé. Terminées les cachotteries. Terminés les doutes et les appréhensions aussi ! Ouf !
C'est officiel, je suis lauréat du Prix du Jury du roman de l'été Femme Actuelle, édition 2009 !
Le Grand Prix est allé à Jean-François Bouygues pour son roman "Au bord des cendres" et le coup de coeur de Paulo Coelho à Alexandra Rossi pour "Les lames de Dieu". Bravo à eux !
C'est encore tout chaud ! La soirée s'est déroulée il y a... un peu moins de trois heures au Café des Editeurs, carrefour de l'Odéon, à Paris.
Je suis encore sous le coup de l'émotion. Tout ce monde... Ces poignées de main... Les remerciements... Les interviews... Les photographes... Paulo Coelho... super simple et sympa ! Adorable !
Je n'ai même pas profité du champagne, ni des petits fours ! Privilège des invités. Les lauréats sont, quant à eux, au régime, pardon... en représentation.
Un moment tellement attendu et si vite passé, qu'on aimerait pouvoir rejouer le film de la soirée.
On peut refaire la prise s'il vous plait ? Non ? C'est fini ? Ah, dommage !
Je reviendrai bien sûr plus longuement sur la cérémonie. A tête reposée. Lorsque mon petit cœur aura cessé de tambouriner dans ma poitrine !
Mais je tiens d'ores et déjà à remercier tous ceux qui me suivent sur mon blog. Un grand merci ! Et surtout restez en ligne : l'aventure n'est pas terminée ! En fait elle ne fait que commencer !
Allez, une fois n'est pas coutume : je vous embrasse tous !
Bonne nuit !

lundi 27 avril 2009

Grand Prix du roman de l’été 2009 Femme Actuelle / Les Nouveaux Auteurs

Jour J-2
Je me suis préparé un petit discours au cas où...
Ca commence comme ça : « Mesdames et messieurs les membres du Jury, honorable assemblée… C’est pour moi un grand honneur d’être ici présent devant vous pour recevoir ce prix. »
Pas mal, hein ? Classieux et solennel !
Reste maintenant à l’apprendre par cœur (quand je pense ce que j’exige de mon gosse, alors que je ne suis pas foutu de retenir vingt lignes !)
En tout cas, c’est clair, je me munirai d’une anti-sèche !

samedi 25 avril 2009

Exit " Les fantômes du Panassa " bienvenu à …. ?

Le petit jeu des titres continue !

Gentil lecteur aideras-tu Yves-Daniel CROUZET à retrouver son chemin dans le labyrinthe énervant des titres et à identifier la combinaison magique de mots qui attirera l’attention du public et le poussera irrésistiblement à l'achat ?

Les cendres du passé
Quartier insalubre
Dans un linceul de cendres…
Noirs secrets
Les ruelles du passé
Dans les cendres du passée
Démolitions
Les âmes démolies
Ainsi reviennent les morts
Sous la lune de cendres
Avant que la nuit tombe
Sous un ciel de cendres
Le tueur du passé
Le monstre du passé
Les fantômes de l'enfance
Les spectres de l’enfance
La mémoire hantée
Mémoire hantée
L'Ange de Saint-Etienne (Plagiat éhonté du titre de mon ami Cyril Carau l’auteur de l’Ange de Marseille)
La mémoire cicatrisée (Elie)
Délivré du passé (Elie)
Le réveil du spectre (salut Angèle !)

To be continued…

vendredi 24 avril 2009

Un grand merci à Annick DC et Cyril Carau

Je ne devrais même pas en parler. Pas tout de suite. Et pourtant je ne résiste pas au plaisir de vous annoncer... la sortie imminente des derniers numéros d’Ananke et d’Outremonde et, surtout, de saluer la qualité des illustrations qui vont accompagner mes nouvelles !
Le bonheur d’une publication est si grand qu’une illustration médiocre ne peut le gâcher, mais lorsque l’illustrateur (ou l’illustratrice), parvient à restituer l’ambiance, l’émotion du texte, ce plaisir est décuplé.
C’était notamment le cas avec les superbes illustrations de Irène Calais pour Cat People paru dans Black Mamba N° 6. C’est aussi le cas pour le magnifique dessin de Cyril Carau pour « Echo » à paraître dans Ananke N° 2 et celui de Annick DC pour « Le Pigeon » à paraître dans Outre-Monde N° 8.
Tous deux sont empreints de beaucoup sensibilité et d’imagination et d’un harmonieux mélange d’interprétation personnelle et de fidélité à l’œuvre originale. C’est un exercice difficile qui, ici, est parfaitement maîtrisé.
J’espère que leurs auteurs me permettront de les reprendre pour illustrer mon blog. Vous pourrez ainsi les admirer avant de vous procurer les deux numéros !
Merci à eux !

jeudi 23 avril 2009

Yves-Daniel CROUZET et le Grand Prix du roman de l’été 2009 Femme Actuelle

Certains vont commencer à trouver mon silence suspect, à se dire que ce n’est pas normal que je parle si peu du Grand Prix du roman de l’été Femme Actuelle, dont l’annonce officielle des résultats aura lieu, je le rappelle, le 29 avril prochain.
Les plus malins ne manqueront pas de s’interroger sur le fait que mon éditeur m’a demandé de changer mon titre.
Qu’est-ce que cela cache ? Ou révèle, c’est selon !
Faut-il y voir une coupable dissimulation de votre serviteur ou une sincère ignorance ?
Et bien… La vérité…, la vérité c’est que je n’ose pas y penser et encore moins y croire. Je me l’interdis !
Vous comprenez, j’ai été tellement déçu lors des résultats du prix VSD du Polar.
Cette note désastreuse, ce 2/10, m’est définitivement restée en travers de la gorge !
Mais pour vous, je vais faire un petit effort et, timidement, regarder au cœur de mes doutes.
La chance me sourira-t-elle cette fois ? Car c’est bien ça la question, hein ?
Goûterai-je ce bonheur unique de voir mon livre récompensé, puis largement distribué et donc peut-être, trouver son public ?
C’est un rêve fou que je caresse depuis si longtemps… Depuis l’adolescence en réalité.
Un rêve trop longtemps écarté du revers de la main comme on chasse une mouche importune. Car devenir écrivain pour un fils de métallurgiste, relevait du rêve insensé et irréalisable. De la mégalomanie.
Et pourquoi pas rock star pendant que j’y étais ?
Le sourire en coin, plein de commisération, que j’ai si souvent vu naître sur le visage de mes interlocuteurs était là pour me le rappeler.
Il signifiait : « Faut pas rêver bonhomme ! »
Certains n’hésitaient pas à me le dire, tandis que d’autres partaient d’un petit rire moqueur aussi traître et cruel qu’une dague plantée dans le dos.
« Les gâcheurs de rêves », voilà comment j’ai pris l’habitude d’appeler ces tristes sires. Ceux qui refusent qu’on puisse s’élever plus haut. Ceux qui veulent vous couper les ailes, parce qu’ils en sont eux-mêmes dépourvus. Ceux pour qui, seuls l’argent et la réussite sociale, comptent.
« Que te rapportent tes histoires ? » me disaient-ils.
« D’un point de vue financier rien. Mais, à part ça, beaucoup de bonheur ! » répondais-je invariablement.
Je lisais l’incompréhension dans leur regard. Faire quelque chose gratuitement, quelle hérésie par les temps qui courent ! Il n'y a que ce qui s’achète et se vend, qui trouve grâce à leurs yeux. C’est à cette seule aune qu’ils mesurent la valeur d’un individu. A son compte en banque. Aux vacances lointaines qu’il s’offre dans des hôtels aseptisés. Au 4x4 rutilant qu’il arbore. A sa Rolex, comme dirait notre ami Jacques Séguéla (qui s’est excusé depuis).
Je n’ai jamais pu leur faire comprendre le bonheur que j’éprouvais à une simple (simple ? si c’était simple ce ne serait pas si bon !) publication dans un fanzine. Je n'ai jamais pu leur faire toucher du doigt, la joie enfantine qui était la mienne à voir qu'une histoire sortie de mon imagination, était retranscrite noir sur blanc, parfois accompagnée d’un dessin, dans les pages d’une modeste revue. Le plaisir infini de savoir que d’autres allaient la lire et peut-être même l’aimer !
Alors, ce prix si je l’ai, sera le prix de la différence. Le prix de ma différence. Une différence que je partage avec beaucoup d’autres passionnés dont vous faites sans doute partie puisque vous perdez votre temps à me lire (et, pour eux, le temps c’est de l’argent, n’est-ce pas ?).
Ce prix, n’importe lequel des trois prix, le Grand Prix, le Coup de Cœur de M. Coelho ou le prix du Jury, si je l’ai, j’aimerais le leur dédier, à ces empêcheurs de rêver en rond.
Ce sera ma façon de les saluer bien bas.
Et le souffle de mon chapeau imaginaire, garni de magnifiques plumes de rêve, agité devant leur visage chafouin, sera le plus beau des camouflets !
Vous comprenez maintenant les raisons de ma prudence et de ma discrétion.
Non, vraiment, je ne veux pas donner à la bêtise une nouvelle occasion d’avoir raison !

mardi 21 avril 2009

Heureux évènement

La foudre était tombée sur leur ordinateur. Un espion Russe avait dérobé la maquette de leur dernier numéro. Une épidémie de morts suspectes les avait tenus éloignés de la gigantesque tour abritant leur bureau. Une mystérieuse abomination tentaculaire au nom imprononçable commençant par un C, avait essayé de les dissuader de publier la revue sacrilège.
Mais la série noire est terminée ! Les augures sont enfin positifs. La conjonction des astres parfaite. C’est officiel, Ténèbres 2008 va enfin voir le jour. Les inquiets, les impatients vont être rassurés !
L’infâme bébé viendra au monde au mois de mai prochain. Je suis certain que sa gestation prolongée lui aura été bénéfique ! Sincères salutations à Daniel Conrad et Benoît Domis les affreux parents !
Plus de détails sur le site de Dreampress : http://www.dreampress.com/tenebres_2008.html

vendredi 17 avril 2009

Grand concours : trouvez le titre du roman de Yves-Daniel CROUZET !

J'ai récemment eu la surprise d'avoir un appel de mon éditeur.
A quelques jours de la remise des prix du roman de l'été Femme Actuelle, ça vous fait un sacré coup au cœur !
Je m'attendais à une mauvaise nouvelle, du genre : "Désolé monsieur CROUZET, mais votre roman n'a pas été sélectionné", mais au lieu de ça, il m'a dit "Vous y tenez vraiment à votre titre, les Fantômes du Panassa ? Car, voyez-vous, nous avons déjà un fantôme dans la maison et ça commence à faire beaucoup !"
Eh oui, le prix des lecteurs du prix du Polar VSD a récemment été attribué à Hervé Jourdain pour "Le fantôme du 36" (sous-entendu 36, quai des Orfèvres bien évidemment).
Non seulement je n'ai pas eu le prix, mais en plus on me pique mon titre ! Trop injuste !
Bon, notez bien que j'y tenais pas trop à ce titre, mais comme je n'avais pas trouvé mieux...
Je voulais un titre qui évoque le passé, les souvenirs qui remontent insidieusement à la surface, une menace sous jacente aussi...
J'avais trouvé "Les fantômes du passé" mais c'était déjà pris. Il y avait aussi "Les échos du passé", mais là aussi c'était pris. Les "blessures du passé", idem.
En fait, tous les titres auxquels je pensais étaient pris !
Las, je me suis donc rabattu sur "Les Fantômes du Panassa", le Panassa étant un quartier de Saint-Etienne.
Et maintenant il faut que j'en change !
Mon éditeur me dit que le mot Panassa fait par trop régional. Il a raison. Il me propose "Bomaki est de retour" (Bomaki joue un rôle crucial dans mon roman, ce mystérieux personnage surgit du passé va..., mais je m'égare ! Vous saurez tout sur Bomaki en lisant le bouquin.)
Je n'aime pas beaucoup ce titre, ça fait un peu "Rocky Balboa, le retour !"
Donc, nous sommes bien embêtés mon éditeur et moi. (enfin, surtout moi !)
Je lui ai proposé les titres alternatifs suivants :
- En mémoire du passé
- In memoriam
- Les spectres du passé
- Retour au passé (ou Flash-back, mais ça fait sans doute trop "polar")
- Le mystère Bomaki
Pour ma part, c'est le premier que je préfère, sans conteste.

Mais au fait, amis lecteurs, qu'en pensez-vous ?

Tiens, je vous propose un petit jeu !
Faites-moi part de vos idées de titres, attendu qu'elles devront respecter le cahier des charges suivant :

1) le roman appartient au genre policier (quoique !)
2) une partie de l'action se déroule dans les années 70 (toute ma jeunesse !)
3) les évènements qui se sont déroulés à cette époque sont éminemment dramatiques (Brrrrr !!!)
4) le héros est en quête de rédemption (pas moins !)
5) une certaine nostalgie baigne le récit (cf 2)
6) il y est question d'amitié (la vraie, celle de l'enfance !)

Le gagnant recevra un exemplaire dédicacé de mon livre ! Juré, promis ! Cochon qui s'en dédit ! (offre valable pour la France métropolitaine exclusivement, dans la limite des stocks disponibles, jeu sans obligation d'achat, etc.)

"Mais et pour le prix Femme Actuelle ? » me direz-vous. « Tu ne lui as pas demandé ?"
Et bien, vous me croirez ou pas, mais superstitieux comme je suis, je n'ai pas osé !

jeudi 9 avril 2009

Prévisions de publications

Quelques prévisions de publications en attendant le 29 avril prochain. (Pour les cancres qui ne suivent pas, c'est la date à laquelle seront décernés le prix du roman de l'été Femme Actuelle 2009 et ses petits frère et sœur : les prix Coup de Cœur de M. Coelho, ainsi que celui du Jury)

Mon cher ami Cyril Carau - auteur du roman "l'Ange de Marseille" que j'ai déjà salué dans ces pages (cf. message du 23 mars dernier) va sortir l'attendu numéro 2 d'Ananké, le magazine du polar et de l'étrange. http://ananke.sombres-rets.fr/ Un fanzine papier dont le premier numéro a été rapidement épuisé et qui présente la particularité de publier, outre du Polar, des textes étranges et insolites; le style de textes inclassables que publiait la défunte (et regrettée !) revue Fiction en son temps. C’est une excellente initiative qui nous change de l’horreur ou du fantastique pur jus ! Un peu de nuances et de subtilités que diable !

Au sommaire, devraient paraître mes nouvelles "Echo" et le "Prédateur" (Deux pour le prix d'une, royal !) dont je reparlerai au moment de la sortie du mag prévue, si tout va bien fin avril, début mai.
Le webzine Outre-Monde http://outremonde.fr/ accueillera, quant à lui, mon texte "Le pigeon" une histoire cocasse et / ou terrifiante inspirée, entre autres, par l'abondance de ces oiseaux dans le ciel parisien. Sortie prévue en mai aussi.
Chef d'orchestre de ce nouveau numéro, la charmante Elie Darco qui déborde d'activités puisqu'elle écrit, dessine, peint, créée des sites internet...
Plus de détails sur cette passionnée et sur ses oeuvres, aux adresses suivantes : http://darcosme.outremonde.fr/ ou sur son blog http://eliedarco.free.fr/

Remarque importante : elle vient de sortir un recueil de nouvelles intitulé "Masques de Femmes" au Calepin Jaune Editions http://www.editions.lecalepinjaune.com/. Il s'agit de nouvelles fantastiques victoriennes co-écrites avec un certain Cyril Carau (tiens, tiens !), dont je vous recommande vivement la lecture. http://masquesdefemmes.over-blog.com/


Pas de date, par contre pour le prochain numéro de Dragon et Microchips dont ce sera malheureusement le dernier numéro. Enfin en version papier, puisque la revue devrait continuer au format électronique.
Dragon et Microchips, qui publiera mon texte " La ritournelle" , appartient à la myriade de publications des Editions de l'Oeil du Sphinx, une association qui se passionne pour le mystère, l'ésotérisme, les aliens, les vampires et le merveilleux en général. http://www.oeildusphinx.com/
Ils ont même un fanzine qui s'appelle Marmite & Micro-onde, consacré à l'imaginaire culinaire ! Etonnant, non ?

C'est tout pour les prévisions à brève échéance.

Pas de retours, positifs ou négatifs, de mes derniers envois de nouvelles, mais il ne faut pas être pressé. Les revues et fanzines reçoivent des tonnes de textes et, faut-il le rappeler, les gens qui les animent sont d'aimables (le plus souvent !) bénévoles.

Et Ténèbres 2008 me direz-vous ? Et bien, heu... J'attends encore un peu pour les relancer, mais je vous tiens au courant, c'est promis !

mercredi 1 avril 2009

L’hégémonie des grandes maisons d’édition.

Pas chien, samedi dernier je suis sorti avec l’intention d’acheter les romans des deux grands gagnants du prix VSD du Polar.
Je suis d’abord passé dans l'une des Fnac parisiennes. Là, j’ai erré un long moment au rayon nouveautés polar sans trouver Opale de Stéphane Lefebvre. Je me suis finalement résolu à aller voir le conseiller clientèle, à qui le nom de l’ouvrage ne disait rien, ni le prix, à peine celui de la maison d’édition. Le nom de l’auteur, je n’en parle même pas, mais c’est plutôt normal puisqu’il s’agissait d’un premier roman.
Finalement, après avoir consulté les entrailles de son ordinateur, il me tint à peu près cet oracle : « C’est parmi les nouveautés, sur le présentoir central ». Le tout assorti d’un vague geste de la main, genre « Passe ton chemin, mortel et ne m’ennuie plus avec de telles peccadilles ! »
Je retournais d’où j’étais venu et détaillais, pile par pile, les nouveautés en roman policier et Dieu sait s’il y en a ! De pleines tables, de pleins rayons, des piles hautes comme des gratte-ciel réfractaires aux normes parasismiques. Mais pas d’Opale.
Je trouvais Mako de Laurent Guillaume. Mais rien d’autre.
Je retournais donc avec un exemplaire de ce livre vers l’auguste Pythie qui après avoir jeté un œil acrimonieux sur la couverture, s’envola d’un pas rageur vers le lieu du crime. Je lui emboîtais le pas, un peu embarrassé d’avoir du la déranger dans ce qui semblait être l’étude mystique d’un long et mystérieux parchemin informatique.
« Ca devrait pourtant être là ! » m’asséna l’augure dépité au bout d’un moment, comme si tout ça était ma faute et que j’avais sciemment fait disparaître la pile d’ouvrages.
« Peut-être qu’ils sont tous partis ? » hasardais-je pour meubler le silence qui s’était instauré et tenter de me rendre un peu plus sympathique.
« Ca m’étonnerait ! » fut la réponse lapidaire.
Soudain saisi d’une idée, mon guide s’élança vers un mur tapissé d’ouvrages.
« Le voici ! » triompha-t-il en me désignant le livre coupable, qui rouge au front (c’est la couleur du bandeau) était quand même 14ème sur la liste des meilleures ventes !
Je bafouillais un vague merci à un dos vêtu d’un gilet vert qui déjà s’éloignait et puis regardais un long moment les couvertures et les commentaires louangeurs de Beigbeder.
Je n’irais pas jusqu’à dire que j’étais envieux… Non ! En réalité, j’étais effroyablement jaloux !
Merde, pourquoi n’était-ce pas mon roman que j’avais eu autant de mal à trouver !
Les deux livres dans les mains, je traînais quelques temps autour du stand Science-Fiction, Fantastique, Fantasy (ou devrais-je dire du stand Fantasy, Fantasy et Fantasy), à la recherche d’une nouvelle œuvre de Robert Howard, mais comme le malheureux est mort en 1936, ça fait belle lurette qu’il n’écrit plus rien d’intéressant !
Finalement, je reposais les deux ouvrages (avec soulagement concernant Opale, car il pèse son poids !) en me disant que je les achèterais plutôt dans une librairie de quartier. Il faut bien faire vivre le petit commerce, n’est-ce pas ?
Donc, retour dans ma banlieue un peu plus tard. Sur la place de la mairie, des gamins sautent dans tous les sens. Veinards, ils partent en classe de neige !
C’est presque l’heure de la fermeture. Je m’engouffre dans la librairie, sous l’œil maussade des vendeuses. Comme je ne veux pas trop les embêter, je m’adresse directement à celle qui est derrière le comptoir. La patronne probablement. Je lui donne les noms des ouvrages. Pas des auteurs, car je les ai malheureusement oubliés. Mine perplexe, de l’intéressée. Visiblement, ça ne lui dit rien. Elle appelle une collègue, puis deux. « Le prix VSD ? Késako ? »
Finalement, une petite étincelle brille dans le regard de la plus jeune (et jolie !). Elle disparaît derrière des murs de bouquins, pour finalement revenir et me laisser tomber dans les bras les deux bouquins.
« Les voilà ! » dit-elle tout sourire.
« Merci ! » je réponds avec un sourire engageant et plus si affinités, qui la laisse de marbre.
A la caisse, tout en réglant mes achats, je papote.
« Alors comme ça vous ne connaissiez pas le prix VSD du Polar ? »
« Vous savez on voit passer tellement de livres ! Les prix, ce n’est pas ce qui manque ! »
« Et la maison d’édition les Nouveaux Auteurs ? », je questionne un peu duplice.
« De nom. »
« C’est pas mal ce qu’ils font... », j’enchaîne. « Donner leur chance à de nouveaux auteurs. »
« Mouais… »
« Comment ça mouais ? Vous n’avez pas l’air convaincu. Cette idée de jury non professionnel qui choisit les romans, c’est pas mal non ? »
La moue s’accentue sur le visage fatigué de la gérante. Il est 19h35 et elle a hâte de fermer boutique.
« Ecoutez, j’ai lu un de leur livre, il y a quelque, temps. Je n’ai pas été convaincue. C’était un prix aussi… »
« Le prix Femme Actuelle ? », je hasarde.
« Oui, c’est ça ! »
« C’est pourtant un bon moyen pour de nouveaux écrivains d’être édités, non ? Parce que les comités de lecture professionnels…. »
Sous-entendu : « Tout ça, c’est magouille et compagnie, hein ? »
Tandis qu’elle me demande de composer mon code de carte bleue (Putain, presque 40 euros quand même ! )
Elle me glisse d’un air entendu :
« Vous savez, c’est un métier lecteur. On ne s’improvise pas comme ça spécialiste de la littérature et des goûts du public. »
Et, afin de bien m’achever, elle me livre sa dernière botte :
« Les grandes maisons, Gallimard, le Seuil, Robert Laffont…, ça c’est du sérieux !
Je prends le sac qu’elle me tend. « Bonsoir ». La porte est déjà fermée. Un Cerbère féminin, empêche dorénavant tout nouveau fâcheux d’entrer.
Je quitte le magasin un peu dépité.
J’espérais un peu plus d’ouverture d’esprit dans une librairie de quartier.
Mais comme les grandes enseignes, elles sont aux ordres. Ou conditionnées par une longue culture d’élitisme littéraire.
Pourtant, à une époque où on se plaint que les gens ne lisent plus assez, je trouve tout à fait salutaire et louable, l’initiative d’une jeune maison d’édition qui décide de bousculer l’ordre établi en confiant à des lecteurs non professionnels (les mêmes qui, en général, payent pour lire des livres !) le soin d’évaluer des manuscrits.
Mais il n’est jamais facile de faire évoluer les mentalités. Il faut du temps et de la persévérance.
Le diktat des grandes maisons d’éditions a sans doute encore de beaux jours devant lui, mais comme le chantait Bob Dylan « The Times they are a-changin’ ».

PS : Je viens d’apprendre que le grand prix Femme Actuelle du roman de l’été de l’an dernier (Le cercle du silence, de David Hepburn) va sortir en poche chez Pocket le 14 mai. C’est quand même la preuve d’un réel succès, non ?